Mathilde,
Aujourd’hui, je t’écris sans savoir si j’aurai le courage de te donner ces mots un jour.
Mais je les écris quand même, parce que certains sentiments deviennent trop lourds pour rester silencieux.
Cela fait presque quatre ans que nos chemins se croisent.
Je me souviens du début, de cette nuit à l’anniversaire de Maxime, où le temps semblait suspendu. Nous avons parlé longtemps, naturellement, sans imaginer que ce moment simple laisserait une trace aussi profonde.
À cette époque, tu avais déjà quelqu’un, et moi je n’avais encore rien compris.
Puis la vie a continué. On s’est éloignés, presque oubliés.
Et un jour, sans bruit, tu es revenue. Tu passais du temps chez Maxime, ton travail n’était pas loin.
C’est là que j’ai vraiment appris à te connaître.
J’ai découvert une fille lumineuse.
Une simplicité rare, une joie de vivre sincère, un sourire capable d’éclairer les jours les plus ternes.
Moi, à ce moment-là, je doutais de tout, surtout de moi. Alors j’ai fait ce que je savais faire de mieux : j’ai caché ce que je ressentais.
Les années ont passé, et nous avons grandi.
Pendant longtemps — presque deux ans — j’ai su, au fond de moi, que ce que je ressentais dépassait l’amitié. Je le savais sans vouloir l’admettre, par peur, par manque de courage.
Jusqu’à cette nuit, il y a un mois.
Une soirée ordinaire, un samedi comme les autres. Et pourtant…
C’est cette nuit-là que tout est devenu clair.
Je ne me mens plus : je suis fou de toi.
Je ne sais pas toujours comment le montrer. Peut-être trop, peut-être pas assez.
Je n’attends rien de toi. Je ne te demande rien.
Je veux simplement être honnête, pour une fois, et te dire ce que mon cœur garde depuis trop longtemps.
Je t’ai observée vivre.
Je t’ai vue rire, danser, pleurer, t’amuser.
Je t’ai vue parler à d’autres, le cœur serré, sans jamais oser dire un mot de plus.
Et malgré tout, je suis resté là, en silence.
Alors aujourd’hui, je choisis les mots.
Je t’aime, Mathilde.
Doucement. Sincèrement. Depuis longtemps.
Et depuis trop longtemps pour continuer à me taire.
Je ne te promets pas un conte de fées.
Mais je te promets d’être vrai, d’essayer chaque jour de faire mieux,
et de t’offrir le meilleur de moi-même,
pour que ton sourire ne manque jamais de raisons d’exister.